L’ancrage spirituel : pourquoi est-il essentiel quand on est sensible aux énergies ?
Quand on parle de spiritualité, de médiumnité ou de sensibilité aux énergies, on entend très souvent parler d’ancrage.
Et généralement, l’image qui revient est toujours la même : fermer les yeux, imaginer des racines qui partent de nos pieds et qui s’enfoncent profondément dans la Terre.
Pourtant, pour moi, l’ancrage va beaucoup plus loin que cette simple visualisation.
Être ancré, c’est avant tout être présent. Présent à soi, à son corps, à ses sensations, mais aussi à ce qui se passe ici et maintenant.
Et lorsque l’on est particulièrement sensible à son environnement, à ses propres émotions ou à celles des autres, cette notion prend encore davantage d’importance.
Qu’est-ce que l’ancrage ?
Je définirais l’ancrage comme notre capacité à revenir à nous-mêmes et à rester présents dans notre corps et dans notre réalité.
Nous pouvons parfois être physiquement quelque part… tout en étant mentalement complètement ailleurs.
Notre corps est là, mais notre esprit pense déjà à demain, repasse la conversation d’hier, imagine différents scénarios ou analyse sans cesse ce qui vient de se produire.
Et plus nous nous perdons dans nos pensées, moins nous prêtons attention à ce que nous sommes réellement en train de vivre.
C’est notamment comme cela que je reconnais personnellement mes périodes de manque d’ancrage.
Comment je sais que je manque d’ancrage ?
Chez moi, le premier signe est très simple : je pense beaucoup trop.
Mes pensées commencent à tourner en boucle. Je réfléchis à quelque chose, puis à autre chose, puis je reviens à la première pensée… et mon mental ne s’arrête pratiquement plus.
Je peux également partir très facilement « dans la lune ».
À certains moments, cette sensation peut devenir suffisamment importante pour que j’aie l’impression d’être moins connectée à mon propre corps, presque comme si j'étais davantage dans ma tête que véritablement présente à ce qui m’entoure.
Cela peut également s’accompagner de davantage de fatigue et d'une sensation d’être moins stable intérieurement, voire physiquement.
Bien sûr, se sentir déconnecté de son corps ou avoir des sensations de dissociation peut aussi avoir des explications psychologiques et ne doit pas automatiquement être interprété comme un manque d’ancrage énergétique. Si ces sensations deviennent importantes, fréquentes ou difficiles à vivre, il est important de ne pas hésiter à en parler à un professionnel de santé.
Mais dans mon expérience personnelle, ce sont aussi des signaux qui me disent : il est temps que je revienne à moi.
Quand je ne suis plus ancrée, je me sens davantage perméable aux autres
Il y a un autre phénomène que j’observe lorsque je manque d’ancrage : j’ai l’impression d’être beaucoup plus sensible à ce que dégagent les personnes qui m’entourent.
Si je rencontre quelqu’un que je ressens comme énergétiquement très bas, je peux rapidement commencer à ne pas me sentir bien moi non plus.
Si une personne est profondément triste, il peut m’arriver de ressentir cette tristesse et d’avoir la sensation de la prendre avec moi.
Dans une lecture spirituelle ou énergétique, certaines personnes parlent alors d’absorber les énergies ou les émotions des autres.
D’un point de vue psychologique, nous savons également que les émotions peuvent être influencées par celles des personnes qui nous entourent, notamment par l’empathie, l’attention portée à autrui et différents mécanismes de contagion émotionnelle.
Quelle que soit la manière dont on interprète cette expérience, je trouve qu’une question est particulièrement importante :
Est-ce que ce que je ressens en ce moment m’appartient réellement ?
L’ancrage m’aide justement à revenir à mon propre état intérieur.
Plus je suis centrée et présente à moi-même, plus il m’est facile de faire la différence entre ce que je ressens personnellement et ce que je perçois chez l’autre.
S’ancrer, c’est revenir dans le moment présent
On imagine parfois qu’il faut obligatoirement réaliser un rituel compliqué pour retrouver son ancrage.
Personnellement, ce n’est pas du tout comme cela que je fonctionne.
Lorsque je sens que mon mental part dans tous les sens, la première chose que je fais est simplement de m’arrêter.
Je prends quelques instants pour respirer.
Mais je ne respire pas machinalement : je porte volontairement mon attention sur ma respiration.
Je sens l’air entrer et sortir. Je reviens à mes sensations. Je porte mon attention sur mon corps.
Petit à petit, au lieu d’être uniquement concentrée sur mes pensées, je reviens à moi.
Et parfois, quelques minutes suffisent déjà à changer énormément de choses.
La cuisine peut devenir un exercice d’ancrage
Cela peut paraître tout bête, mais l’ancrage peut également se travailler dans les gestes les plus ordinaires du quotidien.
Par exemple, je peux décider de faire à manger.
À ce moment-là, au lieu de préparer mon repas tout en continuant à réfléchir à mille choses, je vais essayer d'être totalement présente à ce que je fais.
Qu’est-ce que j’ai envie de manger ?
Qu’est-ce qui serait bon pour moi aujourd’hui ?
Je prends mes légumes, je regarde leurs couleurs, je prête attention à leur texture et à la manière dont je les coupe.
Je suis simplement là.
Je cuisine.
Et pendant ce temps-là, mon mental cesse progressivement d’occuper tout l’espace.
C’est finalement une forme de pleine conscience appliquée à la vie quotidienne.
L’ancrage n’a pas forcément besoin d’être spectaculaire pour être efficace.
Parfois, faire quelque chose de très concret en étant pleinement présent suffit à nous ramener dans notre corps.
Marcher en conscience pour revenir à soi
La marche est également quelque chose que j’utilise beaucoup.
Lorsque j’ai trop réfléchi, que j’ai accumulé de la pression ou que je sens que j’ai besoin de relâcher certaines tensions, je vais simplement prendre l’air.
Mais là encore, j’essaye de ne pas marcher en laissant mon cerveau continuer sa conversation tout seul !
Je marche consciemment.
Je ressens le contact de mes pieds avec le sol.
J’observe ce qui m’entoure.
J’écoute les oiseaux.
Je sens l’air sur ma peau.
Je porte attention à mon corps, à ma respiration et aux sensations qui apparaissent pendant que je marche.
Pendant quelques instants, il n’y a plus besoin d’être hier ou demain.
Je suis simplement là.
Et c’est probablement l’une des définitions les plus simples que je pourrais donner de l’ancrage.
Méditer… sans chercher à partir ailleurs
La méditation peut également m’aider.
Mais lorsque je médite pour retrouver mon ancrage, mon objectif n’est justement pas de partir dans un état extraordinaire ou de chercher absolument une expérience spirituelle.
C’est plutôt l’inverse.
Je m’assois, je respire et je reviens à mon corps.
Je porte mon attention sur ce qui est présent maintenant.
Parce que lorsqu’on est déjà énormément dans le mental, on n’a pas forcément besoin de partir encore plus loin.
Parfois, on a simplement besoin de revenir ici.
La douche comme moment de purification et de recentrage
Il existe également une pratique très simple que j’aime utiliser : prendre une douche en conscience.
Je laisse l’eau couler sur mon corps et j’imagine qu’elle emporte ce dont je n’ai plus besoin.
Dans ma pratique spirituelle, je peux également poser intérieurement une intention :
Que cette eau me purifie de ce qui ne m’appartient pas et m’aide à retrouver mon ancrage.
Il ne s’agit pas de présenter l’eau comme ayant scientifiquement la capacité d’éliminer une « énergie négative ». C’est une pratique symbolique et spirituelle.
Mais le rituel lui-même peut devenir un véritable moment de recentrage : sentir l’eau, respirer, relâcher les tensions et revenir consciemment à son corps.
Et les fameuses racines sous les pieds ?
C’est probablement l'exercice d'ancrage le plus connu : imaginer des racines partir de ses pieds et descendre profondément dans la Terre.
Pourtant, personnellement, ce n’est pas ainsi que je pratique l’ancrage énergétique.
Dans ma conception de la médiumnité, il manque quelque chose à cette représentation.
Je ne cherche pas seulement à m’ancrer à la Terre.
Je cherche à m’ancrer au Ciel et à la Terre.
Pourquoi ?
Parce que le mot médium renvoie justement à cette idée d’intermédiaire, de milieu. Dans ma conception spirituelle, le médium se situe symboliquement entre deux dimensions : le terrestre et le spirituel.
Si je cherche uniquement à descendre vers la Terre, je n’ai donc, dans ma représentation de l’ancrage, qu’une moitié de l’équilibre.
Je préfère imaginer un axe.
La Terre en dessous.
Le Ciel au-dessus.
Et moi, au centre.
L’ancrage Ciel–Terre : trouver son centre
Cette manière de pratiquer l’ancrage change beaucoup de choses dans ma façon de le comprendre.
Le but n’est plus simplement de « s’enraciner ».
Il s’agit de retrouver son axe.
Je peux être ouverte à ma spiritualité tout en restant profondément présente dans mon corps.
Je peux avoir des ressentis tout en continuant à vivre pleinement ma réalité quotidienne.
Je peux regarder vers le Ciel sans perdre le contact avec la Terre.
Et inversement.
Dans cette approche spirituelle, l’équilibre se trouve précisément entre les deux.
Il est important de préciser que cette représentation Ciel–Terre appartient au domaine de la pratique et de la croyance spirituelles : elle ne constitue pas un phénomène établi scientifiquement.
Mais symboliquement, je la trouve extrêmement parlante.
Être spirituel ne signifie pas quitter son corps
C’est probablement le message le plus important que j’aimerais transmettre à travers cet article.
On associe parfois la spiritualité au fait de s’élever, d’ouvrir sa conscience, d’aller chercher « plus haut », de développer ses perceptions ou d’explorer l’invisible.
Mais plus nous cherchons à monter, plus il me semble important de savoir également revenir à nous-mêmes.
Notre corps n’est pas un obstacle à la spiritualité.
Notre quotidien non plus.
Faire à manger, marcher, respirer, prendre une douche, sentir ses pieds sur le sol, écouter un oiseau ou simplement s’arrêter quelques minutes peuvent être des actes profondément importants lorsque nous avons besoin de nous recentrer.
Parce qu’au fond, pour moi, être ancré ne signifie pas être attaché au sol.
Cela signifie être suffisamment présent à soi pour ne pas se perdre.
Et peut-être que l’ancrage se résume finalement à quelque chose de très simple :

